Boulanger

L’édition 2018 de la Journée Découverte Entreprises consacre un volet d’informations aux métiers en pénurie en Wallonie. Les entreprises sont nombreuses à manquer de main d’œuvre pour des profils qualifiés tels que boulanger. Nous vous proposons de découvrir ce métier de l’intérieur ainsi que les formations proposées par le Forem.

Lionel Werny, boulanger chez Point Chaud

Lionel Werny, un souriant Liégeois de 34 ans, travaille au sein des ateliers Point Chaud depuis avril 2016. L’enseigne de restauration rapide à la française propose des produits de boulangerie, des pâtisseries, viennoiseries et sandwiches. Elle compte près de 50 magasins en Wallonie.

« Je suis rentré comme boulanger. Et en octobre 2016, je suis devenu responsable des ateliers. J’ai postulé chez Point Chaud parce que c’est une grosse boîte dynamique et avec beaucoup d’ambitions. »

Lionel Werny a étudié suivi des études professionnelles en boulangerie-pâtisserie à l’Institut Provincial d’Enseignement Secondaire (IPES) de Hesbaye, à Waremme. « J’ai très bien appris. Et c’est un très beau souvenir. Je me suis bien amusé ! »

« Quand je suis sorti, j’ai travaillé un an au Cora, puis pour plusieurs petits patrons. Je suis rentré chez Destiné. Et après quelques mois, je suis parti chez Crosset où je suis resté 8 ans. Et puis, j’ai quitté pour ouvrir mon propre commerce, un glacier, pendant 3 ans, mais l’hiver, c’était difficile. Je suis retourné chez Crosset. Et en avril 2016, je suis rentré comme boulanger chez Point Chaud. »

À quoi ressemble le métier de boulanger chez Point Chaud ? « Ce qui est chouette, c’est que les horaires sont décalés. Dans une boulangerie, on commence à minuit pour terminer à 8h/9h du matin. Chez Point Chaud, c’est 15h/23h. On n’a pas de soirées en famille mais on est déjà la nuit dans son lit. C’est pour moi très important. Le matin, on peut conduire les enfants à l’école, prendre le petit-déjeuner en famille. Niveau qualité de vie, c’est un chouette horaire par rapport à une nuit. Le boulanger chez Point Chaud fait un peu de tout : il pèse la pâte à la main comme chez un petit patron, il la pétrit, il façonne les pains… Il les fait lever, il les cuit, il les démoule, il les met dans les bacs… C’est vraiment un travail d’artisan ! »

Chaque jour, 5.000 pains sortent des ateliers de Point Chaud situés à Alleur en Province de Liège. « Beaucoup de gens pensent que Point Chaud c’est de l’industriel mais ce n’est pas du tout le cas. »

« Ce que j’aime dans mon métier, c’est que chaque jour est une nouvelle aventure. Une machine tombe en panne, il y a un malade… Chaque jour, il y a une petite surprise. Ce n’est jamais la même journée. Ce que je préfère, c’est le contact avec les gens. On travaille en équipe, donc on n’est jamais seul. On a toujours des choses à se raconter. Et c’est une bonne équipe. »

Lionel Werny est fier de son travail et se sent utile au sein de l’entreprise qui l’emploie. « Je suis vraiment content de travailler chez Point Chaud. »

Julien Focant, formateur en boulangerie au Forem

 « À l’heure actuelle, on a difficile de trouver des jeunes qui veulent s’investir dans un métier où les horaires sont durs. Il faut commencer pendant la nuit, travailler les week-ends, les jours fériés… Peu de jeunes sont prêts à le faire. » , explique Julien Focant, formateur en boulangerie au Forem depuis 2002

Ces contraintes propres au métier ont pourtant toujours existé ? « Bien sûr. Mais la jeunesse d’avant était bien plus motivée que celle d’aujourd’hui. Moi quand j’étais à l’école, j’allais travailler tous les week-ends chez le boulanger de mon village et j’étais content de gagner un petit peu d’argent de poche qui me permettait de faire une petite sortie. Ce qui manque aux jeunes, c’est surtout la motivation et l’envie de travailler. »

Boulanger, un métier qui attire moins que par le passé ?

« Il y a moins de jeunes qui sont prêts à travailler. Mais boulanger est encore un métier qui attire. Depuis le 6 août, je dispense une formation en boulangerie à des demandeurs d’emploi. Ils sont 6. »

Mais lorsque le jeune est entré en formation, il est confronté à un autre problème.

« Tous les boulangers ne veulent pas prendre un stagiaire. Ils ont plus l’impression qu’ils vont avoir une épine dans leur pied qu’une aide. Les patrons devraient donner leur chance aux jeunes qui en veulent et qui sont en formation. Et pourquoi pas les engager par après. Mais le jeune qui est motivé trouvera toujours un lieu de stage. »

Le Forem ne propose aucune formation diplômante en boulangerie. Les jeunes qui le souhaitent se dirigeront vers l’enseignement traditionnel. Mais le Forem dispense des formations en boulangerie.« Elles se composent de 2 mois de formation et de 2 mois de stage. »

Elles sont gratuites pour tous les demandeurs d’emploi, libres ou indemnisés, inscrits au Forem. En fin de formation, ils obtiennent non pas un diplôme mais un certificat de compétences.

NICOLAS DEWAELHEYNS