Comptable

La Journée Découverte Entreprises s’articule cette année autour de la thématique des métiers en pénurie en Wallonie. Certains manquent systématiquement de travailleurs. C’est le cas notamment du métier de comptable, que nous vous proposons de découvrir ci-dessous au travers de deux témoignages.

Rita Sacripanti, comptable chez Galvaco

Cette souriante Liégeoise de 51 ans est employée administrative et comptable chez Galvaco (Galvanisation du Condroz S.A.) depuis 1 mois. La société du Weert Groep est spécialisée dans le zingage (galvanisation à chaud) et les revêtements en couleur électro-poudrés (thermo-laquage) sur différents métaux comme l’acier noir, l’acier galvanisé, le sendzimir, l’aluminium ou encore l’inox.

« J’ai un parcours atypique. Après un graduat en comptabilité à l’ECSSAC (un département de la Haute Ecole de la Ville de Liège, ndlr), j’ai été détaillante en chaussures pendant 10 ans… parce que c’était le projet de mon époux. J’ai donc eu du mal à réintégrer le marché de l’emploi comme comptable parce que j’arrivais 10 ans après les autres diplômés. J’ai ensuite travaillé comme intérimaire dans bon nombre d’entreprises pour des remplacements ou des surcroits de travail. J’ai aussi travaillé dans des petites entreprises qui ont malheureusement fait faillite. J’ai accumulé l’expérience et la polyvalence pendant 20 ans. Elles font finalement ma force. »

Chez Galvaco, Rita Sacripanti est rentrée avec un Plan de formation insertion (PFI). « J’ai été accueillie dans l’entreprise et formée directement sur le terrain. L’ambiance est très bonne. En promotion sociale, j’ai suivi des cours en informatique et en langues. J’ai fait un graduat de gestion. Et j’ai suivi la formation BOB (Initiation à l’encodage commercial et comptable) du Forem. »

 « Mon métier n’est pas seulement comptable. Je suis aussi employée administrative. Je m’occupe aussi bien d’une partie de la comptabilité que d’une partie des taches administratives. J’ai la charge de la comptabilité achats : je passe les commandes de matériel pour assurer les travaux et la maintenance des installations techniques. Je valide et enregistre toutes les factures. La comptabilité et l’administratif sont liés en permanence. Le point fort de ma polyvalence est que je sais rapidement faire le contrôle entre le travail qui est demandé et le coût des travaux. Je fais de la gestion budgétaire. Au départ, le poste était occupé exclusivement par des administratifs. Monsieur Bosson (directeur du site, NdlR) a eu l’idée de me sélectionner parce que j’étais aussi comptable. Et il est vrai que j’avais envie de sortir du travail comptable des fiduciaires pour m’investir dans autre chose. »

Le quotidien de Rita ? « Je trie les documents qui sont arrivés sur mon bureau, tout en les lisant, je traite ma messagerie, j’évalue les priorités de la journée. Je passe les commandes urgentes, j’assure le suivi des travaux urgents et je distribue mes informations à l’équipe. »

« Ce que je préfère dans mon métier, c’est la diversité et le monde technique. J’apprécie énormément la comptabilité mais ça reste toujours dans une étude perpétuelle des lois parce qu’elles changent régulièrement. Mais on ne voit pas ce qui se passe derrière les comptes. Ici, je suis dans l’entreprise, je vois concrètement comment se passe l’activité. Donc c’est plus agréable d’être employée administrative et comptable. Un autre comptable ne voit que les chiffres mais pas le chariot élévateur ou ne sait pas ce qu’est le zingage. »

Rita Sacripanti se sent utile au sein de l’entreprise qui l’emploie. « Et la société permet de faire vivre une vingtaine de travailleurs. »

Patrick Delbrouck, formateur en comptabilité au Forem

Patrick Delbrouck est formateur en comptabilité au Forem depuis 2003. « Des comptables obtiennent des diplômes dans certaines filières (promotion sociale, ifap-pme, formations Forem, etc.) dont le niveau ne tient pas assez à jour leurs compétences. Les réglementations du métier, les connaissances de TVA et de fiscalité évoluent tout le temps. Cette pénurie est donc un peu de la faute des comptables, entre autres, qui ne se mettent pas à jour. Parce que, dans une entreprise, quand le chef comptable demande à aller suivre une formation, ça lui est accordé. Et les personnes qui interrompent leur carrière ou qui changent de branche de la comptabilité ont besoin d’un rafraîchissement avant d’être opérationnels. C’est un métier en pénurie parce que c’est difficile de trouver des bons comptables, totalement compétents et mis à jour en permanence. Et puis, d’un univers à l’autre, les règles sont les mêmes mais pas le contrôle de gestion. Il faut chaque fois s’adapter à la situation. »

Comptable, un métier qui attire moins que par le passé ? « Beaucoup de bureaux comptables cherchent de nouveaux comptables. Ils essaient de débaucher parce qu’ils ne trouvent pas. C’est un métier qui implique précision et rigueur. Cela n’attire pas forcément. »

Serge Fraikin, chargé de communication au Forem renchérit : « Comptable est un métier où il y a plus d’offres que de candidats. »

« C’est un métier où on peut évoluer », rappelle le formateur Patrick Delbrouck. « Le comptable peut se mettre à son compte et gérer un portefeuille de clients. C’est un métier attrayant pour celui qui le souhaite. »

Le Forem ne propose aucune formation diplômante en comptabilité. Les jeunes qui le souhaitent se dirigeront vers l’enseignement traditionnel. Mais le Forem dispense des formations qui traitent de comptabilité : collaborateur polyvalent administratif et comptable, perfectionnement comptable… Elles sont gratuites pour tous les demandeurs d’emploi, libres ou indemnisés, inscrits au Forem. En fin de formation, ils obtiennent non pas un diplôme mais un certificat de compétence.

NICOLAS DEWAELHEYNS