Magasinier

La Journée Découverte Entreprises consacre son édition 2018 à la thématique des métiers en pénurie. Magasinier-cariste fait partie de ces métiers pour lesquels les entreprises éprouvent des difficultés à trouver du personnel qualifié. Nous vous proposons de découvrir le quotidien d’un magasinier-cariste et les formations existantes.

Julien Delmarche, magasinier chez Ice Watch

Julien Delmarche, 34 ans, travaille au sein de la société Ice Watch depuis 3 ans. L’entreprise belge, créée par Jean-Pierre Lutgen, est arrivée sur le marché horloger en 2007. Marketing, communication, aspects juridiques et actions web se répartissent entre Bruxelles et Bastogne où l’ancrage local s’est encore renforcé en 2014 par la construction d’un centre de stockage européen de 6.000 m².

«  Avant, j’ai travaillé dans un dépôt de logistique qui faisait du parquet au Grand-Duché de Luxembourg pendant 2 ans et un fournisseur de tabac pendant 8, 9 ans, nous explique Julien Delmarche. J’ai toujours été magasinier.  »

Le jeune homme possède un BAC+2 en comptabilité. «  Une formation que j’ai suivie au Grand-Duché de Luxembourg. Je suis magasinier mais je suis aussi assistant logistique. Ce qui me permet d’aller dans les bureaux et de sortir les commandes, de facturer et d’autres choses. Mais la plupart du temps, ici, chez Ice-Watch, je suis magasinier.  »

À quoi ressemble le métier de magasinier ? «  C’est la formule de A à Z de l’entreposage : réception de la marchandise, faire les commandes, les retours, charger et décharger les camions, vérifier la marchandise, des inventaires en début et en fin d’année. C’est de l’entreposage et de l’expédition.  »

L’entrepôt de Bastogne, où nous rencontrons Julien Delmarche, stocke les montres pour l’Europe. «  On livre les bijoutiers belges et français. Les autres pays reçoivent leurs montres d’un autre partenaire qui dispatche les montres aux bijoutiers. Il s’occupe aussi de promouvoir la marque.  »

Au quotidien, Julien Delmarche manipule donc des montres. Mais pas seulement. «  Et aussi des displays, des présentoirs visuels pour les montres, mais également des goodies (gadgets, NDLR), comme des sacs floqués Ice-Watch offerts lors de certaines opérations de vente. D’autres gadgets qu’on envoie pour des promotions sont aussi entreposés ici. On commence à 8h30 par traiter les commandes du web. On s’occupe ensuite des commandes pour les bijoutiers belges et français. Et ensuite, les partenaires. Et après les commandes, on gère les retours. Mais les ventes sont toujours la priorité. Et on termine vers 17h.  »

«  C’est un métier que j’aime, très diversifié. Ce qui plaît aussi à mes collègues, je pense, c’est qu’un jour n’est pas un autre. Et puis, on travaille quand même dans une société dynamique, qui bouge, où le magasinier n’est pas traité comme un esclave en bas de l’échelle. On est considéré plus que correctement. Donc, on se sent investi et commandant dans la chaîne Ice-Watch. On n’est pas des pions. On se sent ancré dans la société.  »

«  Les avantages ? C’est un métier diversifié.  » Et les inconvénients ? «  Certains cartons font 20kg. Et à force de porter et mettre sur une palette, et répéter le même geste, ça fatigue.  »

Ce que Julien Delmarche préfère dans son métier ? «  Le contact avec les collègues. Je suis fier de ce que je fais. Je n’ai pas peur de dire que je suis magasinier.  »

Avis d’un expert formateur du FOREM

«  Je ne pense pas qu’il y ait de la difficulté à trouver des travailleurs. Il manque surtout de personnes formées. Elles ne sont pas formées parce qu’il y a des capacités de formation. On a des découvertes métier. Tous les mardis, 70 personnes viennent faire le tour du centre et s’inscrivent ou non à une formation. Mais c’est vrai qu’il faut que les gens en aient envie. Il faut leur donner envie de suivre cette formation. Il faut mieux communiquer et communiquer plus. Mais je suis formateur depuis 11 ans. Depuis que je suis là, je n’ai jamais vu autant d’entreprises rechercher autant de magasiniers. La demande a augmenté. C’est ça le problème. Il y a des débouchés, les gens doivent le savoir. Et ce sont de chouettes métiers avec des formations courtes : 7 semaines, puis le stage de 4 semaines en entreprise.  »

Magasinier, un métier qui attire moins que par le passé ? «  Non ! C’est un domaine qui intéresse. Il y a des gens qui viennent s’inscrire en formation chaque semaine.  »

Le Forem dispense donc des formations « magasinier ». Elles sont gratuites pour tous les demandeurs d’emploi, libres ou indemnisés, inscrits au Forem. En fin de formation, ils obtiennent non pas un diplôme mais un certificat de compétences.

NICOLAS DEWAELHEYNS